Alzheimer : une nouvelle forme de diabète ?

Une nouvelle hypothèse concernant la maladie d’Alzheimer pointe tout doucement son nez. Celle qu’il s’agirait d’une forme de diabète, alors appelé diabète de type 3. Il existe des similitudes avec le diabète de type 2, notamment la résistance à l’insuline ; une molécule possédant de nombreuses fonctions dans le cerveau. Plusieurs études ont ainsi supposé son implication dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

 

Diabète et Alzheimer : des caractéristiques communes

Pour rappel, le diabète de type 2 est caractérisé par une résistance à l’insuline (molécule permettant d’activer l’absorption du glucose présent dans le sang), ayant pour conséquence une hyperglycémie (concentration trop élevée de glucose dans le sang).

Dans le cerveau, l’insuline et son récepteur sont particulièrement présents dans l’hippocampe et le cortex cérébral1. L’insuline n’y est pas seulement utile pour la capture du glucose par les neurones, et ainsi leur approvisionnement en énergie. Elle joue aussi de nombreux rôles au niveau moléculaire dans la plasticité synaptique, par exemple en régulant la quantité de neurotransmetteurs à la surface des synapses1.

Les chercheurs se sont rendu compte que de nombreux aspects sont communs aux deux maladies. La caractéristique la plus importante est la formation de peptides amyloïdes en surabondance, puis leur agrégation en « îlots amyloïdes » dans les cellules du pancréas pour le diabète, et en « plaques amyloïdes » dans les neurones pour l’Alzheimer, provoquant la mort cellulaire.

Dans les deux maladies est également observé une résistance à l’insuline, c’est-à-dire la désensibilisation à la molécule. La conséquence est le blocage de toutes les réactions chimiques déclenchées par l’insuline. Il y a donc un déficit dans la capture du glucose par les cellules concernant le diabète, mais aussi un dérèglement des voies de signalisation moléculaires dans la gestion des synapses neuronales pour le cerveau.

 

 Alzheimer, un effet secondaire du diabète sur le long terme ?

En 2017, des chercheurs ont alors fait le point sur un ensemble d’études cherchant une corrélation entre le diabète et l’évolution de la maladie d’Alzheimer2. Les patients présélectionnés devaient être atteints des deux maladies. L’hypothèse étant que la maladie d’Alzheimer s’aggraverait plus rapidement avec le diabète. Les résultats sont néanmoins mitigés : sur les 10 études retenues par la revue (représentant un total de 3162 patients suivis), seulement deux d’entre-elles appuieraient cette hypothèse. Trois études ne trouvent aucun lien, alors que les cinq autres trouvent une corrélation entre le diabète et une progression plus lente de la maladie d’Alzheimer.

A noter enfin que toutes les personnes développant l’Alzheimer, ne sont pas systématiquement atteintes de diabète, il a été donc proposé que l’Alzheimer serait une nouvelle forme de diabète, ciblant le cerveau, causée par la dérégulation de l’insuline, alors appelé diabète de type 3.

 

Évidemment, qui dit diabète, dit glucose… on pointe déjà du doigt les effets délétères sur le long terme que pourrait avoir une alimentation riche en sucre sur la neurodégénérescence, en ajoutant la maladie d’Alzheimer à la liste des maladies à risque. La douce molécule sucrée pourrait-elle cachée un véritable poison ? Rien n’est encore prouvé…

 

Sources

1Ramesh Kandimalla et al (2017) Is Alzheimer’s disease a Type 3 Diabetes? A critical appraisal. Biochimica et Biophysica Acta 1863 :1078-1089.

2Jun Li et al (2017) Effects of Diabetes Mellitus on Cognitive Decline in Patients with Alzheimer Disease: A Systematic Review. Canadian Journal of Diabetes 41:114-119.

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