Le cerveau est-il un muscle ?

Nous utilisons quotidiennement notre cerveau pour effectuer des tâches mentales, comme nos muscles pour se déplacer. Nous pouvons aussi l’entrainer. La notion d’entrainement cérébral est de plus en plus courante, notamment ce qui concerne la mémoire lors du vieillissement, mais notre cerveau fonctionne-t-il comme un muscle ?

Lors de ma participation à la dernière fête de la science, j’ai été étonnée par le nombre de réponses positives, souvent sans aucune hésitation, à la question « Le cerveau est-il un muscle ? ».

Les muscles de notre corps, que ce soit les biceps, les mollets ou les zygomatiques (muscles des joues), sont constitués de cellules musculaires (ou fibres musculaires). Elles forment de longues fibres qui coulissent les unes par rapport aux autres ce qui permet le mouvement du muscle, de nos membres et donc de notre corps.

Le cerveau ne possède aucune cellule de ce type ! On ne les appelle d’ailleurs pas des cellules musculaires, mais des cellules neurales. Elles n’ont aucune propriété contractile et ne se déplacent pas les unes par rapport aux autres. D’ailleurs avez-vous déjà senti votre cerveau se contracter dans votre crâne ? Non, parce que ce n’est pas possible.

Nous pouvons pourtant entrainer notre cerveau à certaines tâches, mais ceci ne fonctionne absolument pas de la même manière que nos muscles pour se déplacer. Le cerveau va modifier les connexions entre les neurones, va produire de nouveaux neurones si besoin, ou au contraire en supprimer. Lorsque vous commencez à effectuer une tâche (par exemple conduire une voiture), il vous faudra d’abord du temps pour la réaliser en réfléchissant à chaque geste. Ensuite, avec l’entrainement, les connexions entre les neurones, utiles à cette tâche, sont utilisées en priorités et vous n’avez donc plus besoin de réfléchir autant à chaque geste lors de la conduite, certains sont même devenus automatiques.

Bien que nous ne puissions le voir, bien caché dans sa boîte crânienne, notre cerveau s’adapte constamment à notre environnement et à ce que nous lui demandons de faire. Ceci à l’image des biceps qui se contractent lorsque nous soulevons un sac de pomme de terre. A la différence du cerveau, nous voyons nos bras bouger et nos muscles se déformer sous la contrainte imposée. Il est ainsi facile de se rendre compte de l’adaptation de notre corps à son environnement. Le cerveau, quant à lui, reste encore une boite noire dont nous ne nous rendons même pas compte quand il travaille (ou presque !).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *