Quand le sport aide notre cerveau…

Il n’est pas intuitif que le sport ait un effet positif conséquent sur notre cerveau. Cependant la littérature scientifique regorge de publications attestant des bienfaits de la pratique sportive sur les neurones. NeuroBlog vous en donne un résumé.

 

Le principal effet du sport sur le cerveau est la neuroprotection : c’est-à-dire la protection contre la mort neuronale. C’est pourquoi les bienfaits du sport ont été mis en avant dans les maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson1, 2. En effet, une pratique sportive régulière tout au long de la vie retarderait l’apparition de ces maladies et en limiterait les dommages une fois celles-ci déclarées1.

Au niveau comportemental, il a été observé chez des sujets sains et chez des malades qu’une pratique sportive pouvait améliorer la mémoire1. Elle peut être également utilisée pour réduire les symptômes de dépression et d’anxiété3, 4.

Anatomiquement, en imagerie cérébrale, est observée une augmentation de la matière grise et de la matière blanche, particulièrement dans les zones préfrontales et temporales ainsi que dans l’hippocampe1,5, zones particulièrement touchées dans les maladies neurodégénératives. Cette augmentation prévient alors l’atrophie cérébrale lors du vieillissement, et donc l’apparition de ces maladies 1.

Enfin, au niveau moléculaire, les bienfaits du sport seraient expliqués par le cocktail de molécules libérées au cours d’un exercice physique. Ces molécules agiraient sur le cerveau avec, par exemple, la production de facteurs de croissance1,5 (BDNF, VEGF, IGF-1*) stimulant la production de nouveaux neurones dans l’hippocampe. On observe d’ailleurs une diminution de la concentration en BDNF sanguin chez les patients atteints d’Alzheimer, ce qui est donc défavorable à la survie des neurones6.

 

En conclusion, bien que des exercices mentaux tels que la lecture, l’apprentissage de nouvelles langues ou l’entrainement mnésique soient vivement recommandés pour maintenir nos fonctions cognitives, n’oublions pas que l’activité physique fait partie intégrante d’une bonne hygiène de vie. Il n’est donc pas étonnant qu’elle contribue, elle aussi, à la bonne santé de notre cerveau, comme pour le reste de notre corps.

 

*BDNF : Brain-Derived Nerve Growth Factor

VEGF : Vascular Endothelial Growth Factor

IGF-1 : Insulin like Growth Factor 1

 

Sources

1 Chieffi (2017) Neuroprotective effects of physical activity : evidence from human and animals studies. Front in Neuro 8:1-7

2Koo (2017) Treadmill exercise produces neuroprotective effects in a murine model of Parkinson’s disease by regulating the TLR2/MyD88/NF-κB signaling pathway

3Herring et al (2010) The effect of exercise training on anxiety symptoms among patients: a systematic review. Arch Intern Med. 170(4):321-31

 4Carek et al (2013) Exercise for depression. Cochrane Database Syst Rev. 12;(9):CD004366.

5Vivar et al (2013) All About Running: Synaptic Plasticity, Growth Factors and Adult Hippocampal Neurogenesis. Curr Top Behav Neurosci. 15: 189–210

6Laske et al (2011) Higher BDNF serum levels predict slower cognitive decline in Alzheimer’s disease patients. Int J Neuropsychopharmacol 14:399–404.

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